MAXIMES ET PENSÉES - CARACTÈRES ET ANECDOTES
Contribution La Griffe Lorraine
Rubrique Art
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲△
Facilité de lecture ▲▲▲△△
Rapport avec le rite ▲△△△△
Depuis le temps que je devais lire ce fameux Chamfort, le grand moraliste français. C’est fait… et je suis déçu. Peut-être parce que j’en attendais trop, peut-être que trop de choses ont « mal vieilli ».
Sébastien-Roch Nicolas de Chamfort, à ne pas confondre avec le chuchoteur de Manureva, fût initié en 1778, trois ans avant d’entrer à l’Académie française.
Son œuvre littéraire n’est pas immense et je pensais trouver un esprit fin dans son œuvre posthume, ses maximes et pensées. Il y a certes de la finesse, mais aussi pas mal de misanthropie, d’aigreur, bien évidemment beaucoup de misogynie de l’époque, quelquefois sur le registre humoristique, mais de l’humour de salon, pas de grivoiserie, pas d’élégance féroce à la Desproges, pas la distinction bourgeoise et cruelle d’un Guitry. On pourrait d’ailleurs qualifier Chamfort de « sous-Guitry », c’est moins pertinent, moins percutant et beaucoup moins marrant.
Le texte est assez difficile à la lecture, je ne saurais expliquer véritablement pourquoi, mais les tournures de phrase, les constructions, la synthase et l’assemblage sont assez indigestes. La deuxième partie de l’ouvrage repose plus sur des ragots que sur l’esprit et ses petits dialogues philosophiques sont assez proches de notre télé-réalité… C’est le potin-réalité de l’époque, la cuve à ragots, la fosse à commérages, l’abysse des médisances, le gouffre à cancan de la bourgeoisie non pas puritaine, mais du purin.
La préface de Camus qui m’avait attiré ne vaut pas non plus l’effort de lecture, il se costume en moraliste peu sympathique.
Je resterais sur la seule citation de Chamfort que je connaissais et qui m’attirait à lui, qui reste, à mon sens un programme hédoniste, existentialiste, qui n’interdit aucune spiritualité. “ Jouis et fais jouir, sans faire de mal ni à toi, ni à personne, voilà je crois, toute la morale.”