Contribution La Griffe Lorraine

Rubrique BD/Polars

Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲△△

Facilité de lecture ▲▲▲▲▲

Rapport avec le rite △△△△△

« LCA, vous connaissez ? Mais si, fin des années soixante-dix, au centre du bassin sidérurgique de cette Lorraine nord…Longwy. LCA comme Lorraine Cœur d’Acier. C’était il y a plus de 40 ans, l’aventure d’une radio pirate libre et populaire qui émit de 1979 à 1981 depuis le hall de la mairie de Longwy sur 100 Mhz.

C’était illégal et donc interdit à double fausse raison : Il n’y avait de médias qu’officiels. Secundo, une radio d’ouvriers, (financée par la CGT) vous pensez ! (Ca me rappelle, tout à coup, qu’il faut que je remette la main sur ma carte…)

Tout commence en 1979 par l’annonce, la énieme, du plan de sauvetage Davignon, commissaire européen. 12500 suppressions d’emplois à Usinor ! Un démantèlement plutôt, de la sidérurgie sur le bassin.

Cette Lorraine miroitée comme le Texas français aux polonais, arabes, italiens…. Manifs, blocages, débrayages, jusqu’au « kidnapping » de Johnny après son concert à Metz. Sans résultat.

Il manquait l’idée maitresse, celle d’un endroit où tous pourraient s’exprimer librement, les ouvriers étant prioritaires dans leurs revendications (CGT oblige), mais aussi les autres syndicats, les partis de gauche comme de droite, les femmes, les immigrés comme les patrons. Tout, mais pas le FN « parce que le FN, c’est pas une opinion, c’est un délit ».

« Radio libre, parole libre ! »  Deux journalistes la piloteront, Jacques Dupont et Marcel Thiriat. Une radio pour sauver une région, malgré les CRS, les hélicos brouilleurs de fréquences, les Maurice Papon préfet de police de Paris, ou les Krivine de la ligue communiste révolutionnaire.  Une expérience et un baume.

Mais le mouvement s’essouffle, La CGT nationale ne soutient plus financièrement la radio. Les propositions de retraite anticipée et primes de départ alléchantes, les mutations grignotent les premières certitudes. Se battre pour l’avenir d’une région et celui des jeunes, ou se battre pour le chèque ?  Chacun a ses raisons et, conventions sociales signées, l’affaire fut bouclée… Et mal.

Cette bande dessinée relate l’histoire d’une belle humanité, même si cette expérience éprouvante fut une utopie. Le dessin est vivant, le découpage intelligent, l’encrage aquarellé réussi, en contrepoint des évènements.

Une chronologie complète le propos, ainsi qu’une contribution de Baru.

C’est plein de petites histoires dans la grande. La vie… Moi, ça m’a ému.

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