Au goût du jour…

Le langage nouveau est arrivé, bien installé désormais dans notre quotidien. Il s’étale un peu partout, à la radio, dans les cafés.

Pour que chacun comprenne rapidement, il faut être clair et concis. Reformulons, recomposons.  Au fil du temps, les phrases s’animent, prennent de l’ampleur, évitons toute forme prétentieuse et désuète, fuyons les références littéraires empesées. Parlons vrai.

Avez-vous jamais entendu dans la foule compacte quelqu’un en proie au doute, lancer un « Que sais-je … » pathétique ? Non ! La formule est démodée, compliquée. « Est-ce que je sais ? », voilà qui tient debout, paraît plus simple et agréable à l’oreille.

Ecoutez bien alentour et vous serez conquis. Certains manuels à l’usage des étrangers ont déjà opéré la mutation afin d’adhérer au plus près au langage courant de notre pays.

« Le temps est invention ou il n’est rien du tout »( Bergson ). Eh oui la preuve est là.

Mais n’affirmons plus rien, démontrons avec ces quelques exemples relevés avec un soin d’entomologiste, sans correction aucune dans les médias les plus suivis :  

« La question se pose sur comment est-ce qu’on va faire ?»

« Il faut chercher une solution pour savoir comment est-ce qu’on peut faire pour savoir ça ?»

« Y a beaucoup de jeunes qui s’arrêtent, du coup ils peuvent plus continuer »

« Heureusement qu’il y a la résilience, sinon ils auraient flippé »

« On prendra un sac que je vais partir avec » 

Vous voici à présent quelque peu initié, vous pouvez désormais user et abuser des expressions en vogue :

« Et les mots pour le dire arrivent  aisément .».

 

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