Contribution La Griffe Aquitaine

Rubrique Hors-Normes

Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲△

Facilité de lecture ▲▲▲▲▲

Rapport avec le rite ▲△△△△

Voici un livre qui faudrait conseiller à chacun et à tous, tant son humanité est touchante et parle à nos intériorités. L’ouvrage est empreint de poésie et d’humanité où les sentiments affleurent comme l’écume sur les vagues.

Partant du banal quotidien l’auteur nous convie à approcher la « maladie de l’oubli » sans pathos mais avec profondeur :

« - Demain on change d’heure.

  - Ah oui comment je vais m’y retrouver ?

  - Je vais régler ta montre à l’heure de demain. Comme ça tu vas te réveiller à la bonne heure.

  - Oui mais… demain il sera quelle heure ? »

Et puis poursuivant Jacques Gamblin nous dit que sa mère ne sait plus vraiment cuisiner. Elle lave la vaisselle propre et essuie la vaisselle sale. Il nous narre la mémoire de sa maman qui perd la mémoire. Il évoque ce moment de vie au travers d’un kaléidoscope de souvenirs personnels et intimes où la tendresse se dispute à l’amour filial.

De la boutique de ses parents à Granville, à sa première scène dans la salle paroissiale, en passant par la naissance de sa fille et à la gravité d’être père, il touche à l’éphémère de la vie et à sa préciosité.

Le cadre, c’est le Cotentin, sa terre, où les éléments aériens et marins s'entrechoquent pour façonner un paysage de falaises et de dunes.

Il affectionne les mots, il joue avec, il les collectionne et les classe dans des albums, ce qui rend son texte chatoyant et poétique.

L’auteur livre ici un texte profond et authentique qui laisse apparaître l’homme derrière le fils, derrière l’homme public.

Puis il y évoque aussi le dédoublement de personnalité dont l’acteur doit user pour entrer dans un personnage, une forme de catharsis qui pourrait bien parler au franc-maçon et à son approche de la dualité consubstantielle de l’existence.

En fermant la dernière page de ce texte on se sent plus léger, on peut faire un lien avec un cheminement spirituel et plus largement avec le besoin de comprendre ce qui lie les humains.

La légèreté du style contribue à une forme symbiose avec les sentiments que développe l’auteur faisant de cette lecture une ouverture à l’herméneutique philosophique.

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