TRAITÉ SUR L’INTOLÉRANCE
Contribution La Griffe Midi Pyrénées
Rubrique Hors Normes
« Toute lecture est déjà une interprétation, qu’on le veuille ou non »
Recommandation de lecture:▲▲▲▲
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲
Facilité de lecture ▲▲▲▲▲
Rapport avec le rite ▲▲▲▲
En hommage à Voltaire, lequel « est de ceux à qui nous devons de vivre libres » et l’auteur du « Traité sur la tolérance », Richard Malka, avocat de Charlie Hebdo, publie sous un titre à peine détourné, le texte de sa plaidoirie du 17 octobre 2022 lors du procès où son client était appelé, devant la Cour d’assises de Paris.
Il s’y livre avec simplicité et brio au démontage systématique de toutes les raisons fallacieuses qui ont conduit et conduisent les religions à emprunter les voies du littéralisme, de l’imitation irraisonnée, du totalitarisme, de l’intolérance et finalement du fanatisme et de la violence. Étant donné l’objet de cet écrit, c’est bien sûr l’islamisme qui est principalement visé. Pas l’Islam et la cohorte de penseurs musulmans qui rêvent du temps des Mutazilites ou de l’islam des Soufis. L’évidence de ses arguments et l’abomination des crimes commis au nom d’une religion « de paix et d’amour », qu’il évoque, ne peuvent que toucher au cœur les hommes doués de raison et à l’esprit éclairé que nous sommes.
Il critique les voix discordantes qui sous prétexte de tolérance trouvent des circonstances atténuantes à ces horreurs. Il dénonce le triomphe du silence et de la peur. Il fustige l’absence de réflexion, le panurgisme, le défaut d’intérêt pour l’histoire et les évolutions qu’elle induit, l’érection du blasphème au rang de crime impardonnable, la mainmise de la politique et de l’intérêt économique sur la religion instrumentalisée...Au-delà de la juste vision d’un phénomène effrayant qui ne cesse de prospérer, je distingue, pour ma part, dans ce texte grave, des raisons qui n’ont pas à voir qu’avec la religion. J’y vois la montée en puissance du superficiel, de l’artificiel, du relatif, de la paresse mentale et de l’égocentrisme. J’y vois l’effondrement des notions de vertu, de partage, d’ordre, de respect, d’effort, d’altruisme et de devoir. J’y vois la fuite des valeurs et le mépris du spirituel et de la Tradition, la faillite du besoin d’apprendre et de comprendre comme de la culture, et j’y vois le culte du corps, du sport mal compris et de la violence gratuite.
Ceci ne frappe pas tout le monde, heureusement, mais là où ce glissement pernicieux vers l’animalité sévit je vois l’exploitation de la misère intellectuelle qui en découle et je vois un terrain favorable au développement d’idées rendues persuasives par leur inanité.