Savourer la vie.
Contribution La Griffe Lorraine
Rubrique Hors Normes
La vie ou l’avis de Guy Savoy.
Recommandation de lecture:▲
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲
Facilité de lecture ▲▲▲▲▲
Rapport avec le rite 0
Je m’attendais à une tranche de vie plus intime de la part du grand cuisinier Guy Savoy. C’est un survol rapide de « sa » réussite, aucune intimité ne transparaît. Cette distance fait qu’à aucun moment on ne sent concerné par ce qu’il nous raconte.
Ce grand étoilé que j’admire pour sa cuisine et sûrement un collègue sympathique, mais il ne se met pas en valeur dans cet ouvrage creux où transparaît, comme chez tous les cuisiniers, la valeur « travail ». C’est fatigant de ne pas avoir une « once » de réflexion autre que l’abrutissement par le travail. Comme si les grands chefs étaient les seuls à travailler beaucoup, si peu réussissent, ce n’est donc pas dans l’abrutissement qu’il faut chercher le succès.
Autant je ne suis pas marxiste, autant on pourrait dire à Savoy que l’aliénation du travail et au travail n’est pas une fin en soi et ne peut être une perspective d’épanouissement. Pas de vie, pas de culture, pas de loisirs, pas de réflexion, mes amis sont mes clients… ou inversement… et admirations des « puissants »… car eux ils peuvent payer !
Tout le récit se compose de notes nostalgiques très floues, ses parents, Raymond Oliver à la TV, le rugby, son apprentissage chez Troisgros, toutes les personnalités rencontrées et des envolées lyriques ridicules tout au long du texte, ce qui prouve que même avec du travail, on peut rester très mauvais.
L’ouvrage se termine avec des considérations sur des fruits, des légumes… sous forme de texte d’une ou deux pages, sans aucun intérêt, aucune saveur conclurait un cuisinier !
Un livre qu’il faut oublier.
Allons plutôt communier dans son restaurant phare à la Monnaie de Paris ou l’Art culinaire est bien plus solide que sa littérature de très bas étage.