LA RENCONTRE
Contribution La Griffe Lorraine
Rubrique Hors-Normes
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲△△
Facilité de lecture ▲▲▲▲△
Rapport avec le rite ▲▲▲△△
Un matin, en écoutant la radio, un homme capte mon attention par la pertinence de ses propos et par la simplicité de son expression.
C’est Charles Pépin, écrivain, diplômé de HEC et de Sciences Po où il a enseigné la philosophie. Il venait parler de son livre « La rencontre » que j’ai acheté aussitôt.
Pêle-mêle, par un texte simple, clair et profond, l’auteur convoque sous sa plume tour à tour des films tels que « Out of Africa », « La Vie d’Adèle » ou « Sur la Route de Madison » mais aussi des musiciens et surtout des hommes de lettres. Au fil des pages, nous côtoyons dans leur intimité relationnelle Emilie du Chatelet et Voltaire, Eluard et Picasso, Camus et Maria Casares.
Après avoir interpellé des Aristote, Platon, Hegel ou Levinas, il nous amène à comprendre qu’il ne peut y avoir de vraie rencontre que lorsqu’il y a transformation des êtres concernés. Cette transformation ne pouvant venir que d’un changement de soi. L’altérité positive, c’est celle qui confronte les différences, non pour les gommer mais pour qu’elles servent de socle à une relation vraie, épanouie.
La vraie rencontre de Charles Pépin est celle qu’il a eue à la lecture du livre « Le Royaume » d’Emmanuel Carrère.
« Depuis que j’ai accepté l’invitation à voyager dans le Royaume, je n’entre plus dans une église de la même façon. Avant, j’écoutais les croyants qui me parlaient de leur foi comme des gens atteints d’une régression infantile diagnostiquée par Freud. Avant, je les regardais avec moquerie. Désormais, je les regarde avec curiosité, peut-être même avec une pointe d’envie. »
Lui, l’écrivain agnostique, ouvre son entendement à l’autre à travers la rencontre d’un livre. Il ne referme plus la porte de la spiritualité, il la laisse entre-ouverte, en ayant soin de mettre son pied dans l’entrebâillement !
Pour qu’il y ait rencontre, nous dit-il, il faut sortir de chez soi, afin de sortir de soi, ne rien attendre de précis, être disponible et, surtout, tomber le masque, devenir soi-même pour accepter de devenir autre.
Voilà, j’ai reposé le livre et je me suis senti tout à fait en harmonie avec une phrase de Gaston Bachelard que cite Charles Pépin à la fin de son livre : « Les choses infinies comme le ciel, la forêt et la Lumière ne trouvent leur nom que dans un cœur aimant »