PANDÉMIE ET BIOPOUVOIR
Contribution La Griffe Rhône-Loire
Rubrique Hors-Normes
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲△
Facilité de lecture ▲▲▲▲△
Rapport avec le rite ▲▲△△△
L’auteur, ancien chef de service en psychiatrie et aussi ultime vaillance, spécialiste de la précarité, décrit la pandémie suscitée par la covid à l’image d’une nouvelle grande peur, qui a aggravé la mauvaise précarité, celle qui amène un syndrome d’auto-exclusion avec la peur de tout perdre ; il remet en cause le biopouvoir, ces discours et préconisations des spécialistes qui contraignent et s’imposent par la peur.
Cet essai nous touche à double titre : en tant que citoyens marqués par une peur à plusieurs niveaux, qui nous a obnubilés, nous a séparés les uns des autres, chacun ayant peur d’être contaminé par autrui, jusqu’à nous faire vivre une méfiance sociale, et nous a infligé une tendance à une paranoïa diffuse et omniprésente. C’est alors l’occasion de marquer une nette distinction entre le principe de précaution (si je n’en fais pas assez, ça va me retomber dessus) et le principe de prudence (je ne fais pas n’importe quoi parce que j’aime la vie et les vivants) ; de marquer aussi les limites du discours des spécialistes, le biopouvoir, qui n’a pas éclairé le débat mais l’a interdit quand il ne l’a pas manipulé. Le livre dénonce ainsi une pédagogie par la peur.
Il nous touche aussi en tant que maçons, nous rappelant à nos devoirs : celui de notre engagement dans la fraternité, nous membres de la famille humaine, qui nous oblige à la réciprocité de la préoccupation pour les autres. Celui qui réside dans la formule de ce degré qui nous impose de garder notre esprit critique, notre libre examen, dans le respect de tous les autres avis ; exigence maçonnique aussi dans l’amour de la vie, non la vie nue réduite à la biologie mais une vie complète psychique et sociale qui fait la dignité de l’humanité. On pourra ne pas suivre l’auteur dans sa description d’un biopouvoir froid et réducteur qu’il rapproche des monstruosités du XX° siècle mais on aimera s’engager avec lui dans le « grand temps », ce rapport à autrui et au temps qui est le temps spirituel !
A lire et à méditer pour mieux appréhender notre monde et notre place.