DE L’ESSENCE DU RIRE

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Contribution La Griffe Lorraine

Rubrique Hors-Normes

Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲△△

Facilité de lecture ▲▲▲△△

Rapport avec le rite ▲▲△△△

Ce devait être l’introduction d’un livre sur la caricature. Ce texte est donc isolé, je me demande même s’il est véritablement abouti.

Dans la première partie du texte, Baudelaire intellectualise, conceptualise fortement le rire et à la fin s’attache à faire une analyse sémiologique de la pantomime, de Pierrot, Harlequin, Colombine, etc. Et c’est nettement moins passionnant.

Bien entendu, Charles reste Baudelaire et sa prose est aussi fulgurante que peuvent l’être ses réflexions en début d’ouvrage. Il arrive à isoler le rire significatif qu’il n’aime pas beaucoup : le rire commun, le rire de Molière, de Rabelais, le rire moralisateur, etc… Et le rire absolu qu’il admire et identifie à d’autres pays : le grotesque, la pantomime… le rire incontrôlable, satanique, symptomatique (comme un éternuement).

Ce petit opuscule nous laisse vraiment une impression de manque, d’inachevé, j’aurais beaucoup aimé lire le livre que le poète voulait écrire : L’essence du Rire et généralement du comique dans les arts plastiques.

L’aspect graphique, la caricature notamment, est à peine évoquée dans cet extrait de pensée, et en plus pour préférer Goya à Daumier, Pierrot à Rabelais, quelle trahison ! C’est comme comparer un concepteur de tissu à un couturier, un designer à un décorateur… Là où il confond imitation et création, là se trouve le grand point-clé de l’orgueil humain, et c’est là que peuvent se trouver les désaccords.

Effets du temps et de goût de tout un chacun, subjectivité… sûrement, mais la caricature, les mots de Molière et de Rabelais m’amuseront toujours bien plus que toutes formes de pantomimes et gesticulations.

Une analyse par Baudelaire de l’humour actuel serait sûrement terrible, mais il pourrait réaffirmer que si la « joie est une, le rire est multiple. »

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