Le cartel des fraudes

Contribution La Griffe Lorraine

Rubrique Hors-Normes

La France et la réalité sociale.

Recommandation de lecture: ▲▲▲

Intérêt général de l’ouvrage:▲▲▲▲

Facilité de lecture:▲▲▲

Rapport avec le rite: ▲

Voilà un livre très polémique, très politique, sur la fraude sociale en France où, comme d’habitude, l’idéologie brouille les cartes. Le magistrat Charles Prats décrit le résultat de ces enquêtes. Certains sénateurs, députés, ministres à qui les chiffres ne conviennent pas masquent la réalité par d’autres chiffres, par des interprétations totalement incohérentes. D’autres, hauts fonctionnaires, gardiens « bien-pensants », de leur supériorité naturelle n’évoquent pas de fraude, mais parlent « d’anomalies » ou « d’anomalies critiques » dans leurs rapports d’enquêtes. Cinquante milliards de fraudes, cinq millions de cartes vitales attribuées à on ne sait qui, de faux papiers peu vérifiés, des aides sociales qui financent les djihadistes, les mosquées en Afrique, le trafic de drogue. La plus grande partie de nos « élites » est informée de ça, ils se permettent de ne rien faire et de le cacher au français. Le constat est accablant. C’est le symptôme d’une société malade, une société qui n’est plus assez adulte ni assez honnête pour régler un problème identifié. Les « gardiens du temple » expliqueront toujours que c’est pour le « bien commun », pour ne pas faire le « jeu du Rassemblement National ». Il me semble que régler un problème serait la meilleure façon de prouver leurs compétences, pas de le masquer. Une société mature rendrait hommage à celui qui découvre un dysfonctionnement. Peut-être sommes-nous passés de l’âge mûr à l’âge pourri ? (Pierre Desproges) Ce déni de réalité « français » est un mal occidental, comme pour cette fâcheuse habitude de fabriquer des « enfants rois », tous tellement intelligents, tellement créatifs, tellement irresponsables, tellement au dehors de toute réalité… que même adultes, ils refusent de voir le réel tel qu’il est, mais le voient tel qu’ils voudraient qu’il soit ! En dehors du fond, passionnant et terriblement déprimant, la forme de cet ouvrage est absolument indigeste. L’ouvrage pourrait occuper seulement une quarantaine de pages sans les répétitions et les lourdeurs. Rajoutez à cela un style « empâté » et une prose de magistrat peu inspirée par la poésie des mots, et vous obtenez une pépite d’or au milieu d’une brouette de charbon, difficile d’en sortir les mains propres et les idées claires. À lire pour le propos bien entendu, avec un esprit critique indispensable, mais sans espoir de plaisir.

 

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