LES DOUZE PORTES D'ALCHIMIE
Contribution La Griffe Lorraine
Rubrique Hors-Normes
Intérêt général de l’ouvrage ▲△△△△
Facilité de lecture ▲▲△△△
Rapport avec le rite ▲▲△△△
Le seul intérêt de ce livre est de nous donner à voir à quoi ressemble peu ou prou un traité d'alchimie et malgré une introduction ampoulée de Bernard Biebel, le texte de Ripley est d'une obscurité indéniable. Non que la traduction de l'anglais en français du XVIème siècle, avec ses si délicieuses tournures, soit mal écrite, mais les idées exposées et les affirmations de l'auteur laissent pantois.
On y retrouve tous les artifices et tournures de phrases des alchimistes du XVIème siècle. Les invocations à Dieu, les conseils et recommandations donnés par l'auteur, les expressions et mots étranges pour le profane. Evidemment Ripley écorne au passage les « souffleurs » c'est à dire ceux qui pratiquent et n'arrivent à rien, histoire pour Ripley de se donner une légitimité. Quant à Biebel, il semble ignorer l'existence des célèbres « Ripley scrolls » (rouleaux de Ripley)
Les nombreux manuscrits de Ripley furent rédigés à la fin du XVème siècle, et le premier ouvrage imprimé le fut en 1591. Ceci permit à de nombreux pseudo-épigraphes de s'en donner à cœur joie.
Cependant les visions de l'art hermétique exposées dans les Douze Portes nous permettent de retrouver des traces plus anciennes, hélas altérées, de conceptions gnostiques, non dénuées de spiritualité, ce qui laisse deviner une compilation de textes plus anciens.
L'éditeur Guy Trédaniel, à quatre siècles de distance de notre Ripley, ne fit que surfer sur la nouvelle vague de l'alchimie au vingtième siècle, dans le seul but de faire un tirage satisfaisant, ce qui, à mon sens, n’est pas satisfaisant. Vous l'avez compris, cet ouvrage est rébarbatif, inutile, sauf aux collectionneurs et historiens. Il ne suffit pas de se plonger dans des textes réputés dans le milieu des hermétistes des XVème et XVIème siècles, pour faire œuvre véritable de passeur de mystères.