DU FANATISME QUAND LA RELIGION EST MALADE

Du Fanatisme - Adrien Candiard - COUV.jpg

Contribution La Griffe Lyonnaise

Rubrique Métaphysique

Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲△

Facilité de lecture ▲▲▲▲△

Rapport avec le rite ▲▲▲▲△

Voilà un ouvrage court (87 pages), facile d’accès et volontairement modeste que proposent les éditions du Cerf sous la plume d’un dominicain vivant actuellement à l’institut dominicain d’études orientales du Caire, Adrien Candiart.

Qu’en est-il pour nous qui sommes partagés entre l’inquiétude fort légitime, voire l’angoisse que nous inspirent aujourd’hui les déviances et parfois les violences d’une religion  et le sentiment que la critique du fait religieux peut manquer de nuances ? Et en quoi ce jeune écrivain à la riche culture et à l’expérience plus qu’enrichissante peut-il nous aider à progresser dans notre réflexion ?

Vous me direz qu’il s’agit d’un spécialiste du dialogue interreligieux, que ce sujet lui est inspiré par l’actualité la plus brulante et qu’il vient après bien d’autres spécialistes qui se répandent avec  plus ou moins de complaisance dans les média et sont plus ou moins intéressants.  Certes, mais son approche est originale et fine et nous avons la faiblesse de penser qu’elle peut rencontrer nos interrogations, en particulier au cœur de certains degrés, en particulier de la loge de perfection. Jugez en :

Au-delà des approches conventionnelles expliquant le fanatisme religieux par la psychologie et la sociologie, cet auteur veut aborder cette si grave question par une approche qu’il appelle théologique ; ne vous laissez pas rebuter par le terme car il s’agit ici d’un discours qu’il veut raisonné sur la foi et sur Dieu. Fin connaisseur de l’école hanbalite née à Bagdad au IX° siècle, il montre avec subtilité que déclarer l’absolue transcendance de Dieu c’est ne laisser au croyant  que l’amour pour ce que l’on pense être Sa loi.  On appréciera, par exemple, l’argumentaire menant à cette leçon : « le fanatisme est un bannissement de Dieu » ; nous vous le recommandons ce chapitre.

Nous ne pouvons de même qu’être touchés, avec une forte réminiscence du rituel, par le chapitre intitulé le culte des idoles : le fanatisme étant la marque d’une absence de Dieu, il faut compenser pour le fanatique ce vide et tout objet se rapprochant de Lui est idolâtré ; l’auteur nous avertit aussi de nous protéger contre tous les fanatismes, y compris séculiers, véritables « idoles humaines » qui ont fait, eux aussi couler tant de sang.

Il n’est nul besoin de suivre Adrien Candiart jusqu’au bout de sa démarche dans sa propre définition de Dieu et de la vie spirituelle dans les derniers développements  ;  nous sommes habitués sur ce grave sujet à une certaine prudence. Mais la conclusion nous rejoint  dans notre démarche par l’absolue refus de nos tentations idolâtres !

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