AU COEUR DES TANTRAS - KSEMARAJA

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Contribution La Griffe Midi-Pyrénées

Rubrique Métaphysique

Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲△

Facilité de lecture ▲▲▲△△

Rapport avec le rite ▲△△△△

La perception de qui est « Je », la découverte de soi-même par soi-même, au travers de cette littérature lointaine, s’est opérée grâce à certains auteurs d’une grande honnêteté intellectuelle, contrairement à beaucoup de marchands du temple qui, malheureusement, brouillent considérablement la compréhension de la sagesse tantrique, sans parler des élucubrations de bas étage.

David Dubois, dont la biographie est publique sur Internet, est un de ces auteurs qui procurent, au fil de leurs ouvrages, satisfaction et plénitude. J’ai particulièrement retenu son ouvrage « Au Coeur des Tantras », introduction et commentaires, traduction et notes du maître Ksemaraja.

L’introduction, à elle seule est un condensé de sagesse. Il ne s'agit donc pas de mettre en œuvre des méthodes pour arriver quelque part, ne serait-ce que figurativement. Le point décisif consiste plutôt à re-connaître que ce que nous voulons vraiment est déjà là. La situation fantasmée est déjà présente, la porte n'a jamais été fermée. Il n'est donc pas question de faire, de pratiquer, mais simplement de connaître, ou plus exactement de re-connaître. Reconnaître, ce n'est pas rechercher une expérience nouvelle, inédite, un vécu du nirvâna, c'est bien plutôt voir ce qui est « ici et maintenant ». Non pas rechercher une extase ou provoquer un vide mental, mais plus ordinairement se laisser convaincre du caractère extraordinaire à la vie de tous les jours. 

Mais, dira-t-on, à quoi bon cette trouvaille si elle ne change rien à notre pitoyable condition ? C'est là qu'est le paradoxe. En effet, en réalisant qu'il n'y a rien à changer, tout change. Ce n'est pas en cherchant Dieu qu'on le trouve, mais c'est en comprenant que toute expérience est toujours déjà expérience de Dieu, que la Reconnaissance porte son fruit qui est la liberté absolue. Car, bien évidemment, le propos de ces philosophes radicaux n'est pas de spéculer pour spéculer, même si cette philosophie n'est pas non plus une simple carte en vue d'une pratique future. Il n'est pas question de se faire une idée du Souverain Bien, pour ensuite devoir se mettre en route pour l'atteindre ou bien le vérifier par une pratique de la méditation. Car tout est Dieu, tout est soi, depuis toujours et pour jamais. La pratique, ici, consiste uniquement à comprendre. Faire est vain puisque tout est indifféremment Dieu. La seule pratique nécessaire et suffisante consiste en l'observation et en la réflexion. Voir véritablement, c'est changer réellement.

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