Contribution La Griffe Vienne

Rubrique Métaphysique

Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲△

Facilité de lecture ▲▲▲▲▲

Rapport avec le rite ▲▲▲△△

« La nuit de feu » est un récit autobiographique spirituel. C’est l’histoire de la révélation mystique d’un athée qui se retrouve alors propulsé à mille lieues de son rationalisme académique.

En 1989, Éric-Emmanuel SCHMITT a 28 ans. Fraîchement agrégé et docteur en philosophie, une voie toute tracée l’attend : celle d’une carrière universitaire riche et prometteuse.

Pourtant, sourd déjà en lui ces questions : est-ce que j’y vais ou est-ce que ma vie est ailleurs ? Vais-je rester plus longtemps éloigné de moi-même ?

Les réponses à ces questions, c’est sans véritablement les chercher qu’il finira par les trouver. Le hasard faisant parfois bien les choses, c’est en tant que scénariste d’un film qu’il se lance sur les traces de Charles de Foucauld, lors d’une expédition dans le désert du grand sud algérien.

Une nuit, ayant perdu de vue le groupe qui l’accompagne et alors perdu dans l’infini du Hoggar, il vécut, à l’image d’un Blaise PASCAL, une « nuit de feu », une nuit où la présence de Dieu s’est imposée à lui et où il a commencé à croire.

On ressent tout l’effort qu’il a fallu que l’auteur consente pour tenter de nous faire le récit de l’indicible. Il apparaît clairement que les mots lui manquent et que la description physique qu’il nous offre de cette expérience hors du commun, n’est qu’un piètre pis-aller de ce qu’il a véritablement ressenti.

Il y a dans ce récit, une forme d’expérimentation du langage universel. Les langues étrangères disparaissent au profit d’une sensation et de paroles dont on essaie de deviner le sens par ce qu’elles provoquent en nous et qui laisse place à une forme d’émotion commune.

Ce récit, c’est aussi l’histoire d’un coup de foudre humain entre l’auteur et son guide touareg, Abayghur, dont il finit, malgré la barrière de la langue, par se sentir plus proche, qu’il ne le sera jamais de tout autre compagnon de route.

Quelle fabuleuse histoire que celle de cet homme qui croyait aller quelque part et qui est arrivé ailleurs !

En lisant ce récit, nous aurions, nous aussi, presque envie de nous perdre dans le désert, à la recherche de notre moi véritable, de ce qui nous relie à plus grand que nous…

Précédent
Précédent

COMMENT NOTRE MONDE EST DEVENU CHRÉTIEN

Suivant
Suivant

VIVRE AVEC NOS MORTS