VIVRE AVEC NOS MORTS
Contribution La Griffe Aquitaine
Rubrique Métaphysique
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲▲
Facilité de lecture ▲▲▲▲▲
Rapport avec le rite ▲▲▲△△
Est-ce un hasard si Delphine HORVILLEUR, rabbin et essayiste a écrit cet ouvrage juste après les terribles moments de la pandémie qui nous a frappé ? Surement pas puisqu’elle est évoquée au début de cet essai qui tout au long des pages évoque tour à tour la vie, la religion juive, la mort. L’auteur cependant, certes avec beaucoup d’émotion, traite ce douloureux sujet en alternant l’humour, la religiosité, la culture juive et la philosophie de la vie sans laquelle la mort n’existerait pas.
J’ai été frappé par cette notion de dualisme évoqué tout au long de cet ouvrage. Il en ressort toujours et ce n’est pas une coïncidence que cette dualité débouche toujours sur l’unité. C’est ainsi qu’elle écrit notamment : « … il a fallu mener, toutes ces « gémellités qui luttent en nous », tout ce qui nous fait passer à côté les uns des autres ou de nous-mêmes, il existe une possibilité de faire Un »
Cependant si la philosophie platonicienne qui introduit la notion de corps et âme ressort de ce livre, c’est comme le rappelle l’auteure qu’il y a eu une évolution dans la pensée juive laquelle admet « l’immortalité de l’âme et la résurrection des corps au moment de la venue du Messie »
Delphine HORVILLEUR avec simplicité et pédagogie nous apprend pour ceux qui ne sont pas de religion juive ses grands principes et son rite d’accompagnement de celui qui va rejoindre par le truchement de son âme immortelle, le Dieu qui l’a créée.
L’auteure nous plonge aussi dans l’univers de son ministère lorsqu’elle nous explique la difficulté qu’elle peut ressentir lors d’une cérémonie de funérailles mais elle considère avant tout et cette phrase est belle pleine de sens et d’espoir que : «Le rabbin doit savoir, pour représenter la résilience, ne pas être celui qui pleure, et permettre aux effondrés de croire en la possibilité de se relever »
Ce livre nous apporte un éclairage différent sur ce mystère que constitue le passage vers l’au-delà. Delphine HORVILLEUR par sa faculté de marier l’humour juif à la réflexion profonde sur notre avenir commun nous permet de constater que les plus malheureux dans cette finalité humaine sont surtout ceux qui restent et qui pleurent le disparu. C’est peut-être pour cela qu’en hébreux un cimetière s’appelle : « la Maison de la vie » ou : « la Maison des vivants »