LA GRANDE CHARTREUSE
Contribution La Griffe de Lorraine
Rubrique Métaphysique
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲△△△
Facilité de lecture ▲▲▲△△
Rapport avec le rite ▲△△△△
Le premier ouvrage remonte à 1881, mais il fut augmenté au cours des différentes éditions lesquelles reçurent toutes l'imprimatur avec bien évidemment la mention « nihil obstat imprimi potest ».
Ce qui est la moindre des choses pour un bouquin louant sans modération l'histoire de la Grande Chartreuse et de ses monastères fils et institutions filles. De la simplicité du premier ensemble cénobitique fondé par saint Bruno en 1084 il ne subsiste rien.
Au cours des années et des siècles la Grande Chartreuse perdit de sa vie rustique pour finir, après moult événements et péripéties, dans une vie bien tranquille de contemplatifs dont le seul travail consistait à prier, laissant au frères convers le soin des travaux physiques. Le partage du turbin vu par les Chartreux, sans complexe, lesquels d'ailleurs vivaient de mendicité collective. Donations par les évêques et grands prélats, noblesse petite et grande déléguant aux Chartreux ! Les « cellules » des frères furent à compter du 18e siècle bien plus que des cellules : des petits pavillons à un étage comprenant tout le nécessaire à un confort enviable. Au rez-de-chaussée, donnant sur un jardinet privatif la réserve de bois et bûches et divers outils pour entretenir le tout petit jardin.
A l'étage une grande pièce munie du mobilier nécessaire à cette vie de prière et bien sûr d'un fourneau. Tout ça pour rappeler que cette vie retirée du monde se faisait et se fait encore dans un confort que bien des gens n'ont pas, dans une petite maison qui ferait la joie des touristes et la fortune des B and B. Les belles déclarations de bondieuseries de notre anonyme finissent par lasser le lecteur, du genre « pour que l'âme puisse parvenir à l'union intime avec Dieu il est nécessaire qu'elle soit purifiée par le renoncement, les épreuves les plus dures, les mortifications... »
Le discours est loin des faits. L'auteur néglige les malversations des dames Chartreuses dans l'Oisans et notamment à Bourg d'Oisans. Quant à leurs évêques protecteurs, ils se conduisirent du 15e au 18e siècle comme des prédateurs et participèrent aux massacres des Vaudois dans le Dauphiné. Les Chartreux n'ignoraient pas ces faits. Allez avec tout cela ne pas comprendre la vindicte révolutionnaire qui prit naissance en 1789 à Vizille, aux portes de l'Oisans.
Enfin pas un seul mot sur cette boisson que l'on nomme « chartreuse » Secret monastique ? Quelle blague !