IMPATIENCE DE L’ABSOLU
Contribution La Griffe Lorraine
Rubrique AdHoc
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲▲
Facilité de lecture ▲▲▲▲△
Rapport avec le rite ▲▲▲▲△
Ma chère Jacqueline Kelen se lance encore dans l’abattage systématique de tout ce qui témoigne de notre époque, sans aucune distinction.
Ce pamphlet, sous forme de pensées et d’aphorismes contre la société occidentale, se manifeste par une haine contre les ordinateurs, les machines et la technologie en général… Un petit peu comme mon meilleur ami TRÈS écolo qui m’appelle avec son IPhone® dernier cri pour que je vienne le chercher à la gare, il est contre la voiture, mais ce sont les « bouseux irresponsables » qui doivent le véhiculer.
Pour Jacqueline, seuls les animaux et la nature trouvent grâce à ses yeux de « punk spirituelle », on est dans le « No Futur » total, elle crie « NON » au don d’organes, « STOP » à la laïcité, à l’humanisme, à la solidarité, etc…
Je n’aime pas la psychologie en général, mais j’ai eu de la peine pour les psychologues tant les charges de Jacqueline sont violentes, vraies ou fausses. Les ouvrages d’Onfray ressemblent au journal de Mickey face à ce déferlement de violence.
J’y aurai toute même appris une magnifique définition de la psychanalyse freudienne par Nabokov : « application de vieux mythes grecs sur les parties génitales. ».
Jacqueline Kelen n’est pas sur un chemin de spiritualité dans cet ouvrage. Elle ne se laisse plus guider par son esprit et tombe dans les travers « inhumains » qu’elle dénonce elle-même, comme si elle aussi, à force de combats stériles, perdait la foi et de ce fait sa clairvoyance. Elle ne se bat plus « pour », mais uniquement « contre ». Ce livre de colère n’élève pas le lecteur et traduit un véritable malaise malgré l’érudition et la haute spiritualité de l’auteur. Au fur et à mesure de la lecture, j’avais l’impression que des nuages noirs et inquiétants envahissaient le ciel comme dans un film d’Harry Potter ou du Seigneur des Anneaux, lorsque les forces du mal s’invitent dans le monde des « gentils ».
À force d’être « extrême », on finit inévitablement par être révolutionnaire, et dans ce mouvement giratoire, on retourne inévitablement aux extrêmes opposés que l’on souhaite combattre, et au lieu d’atteindre l'absolu, l’universel, ou éventuellement l’Ouroboros, l’éternel retour… On tourne en rond tout simplement.