LE CARNET BRUN
Contribution La Griffe Paris
Rubrique Art
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲△
Facilité de lecture ▲▲▲△△
Rapport avec le rite △△△△△
Non ce n’est pas un livre interdit, honni, ambigu, pas une profession de foi scandaleuse rien
de tout cela mais un titre à faire fuir.
Rassurez-vous : si Gallimard l’édite c’est qu’il n’y a pas de … « lézard » !
De quoi s’agit-il ? Ce n’est pas une biographie, ni une autobiographie, ni une hagiographie faite par des thuriféraires déchaînés mais un simple Carnet où Richard Wagner a décrit sa journée, fait part de ses réflexions, évoqués les esquisses d’un opéra etc. Bref un peu de tout.
Pourquoi ce titre ? « En 1865 Cosima Von Bülow offre à Richard Wagner un cahier relié en cuir brun orné de pierres précieuses afin qu'il puisse y consigner ses pensées alors qu'ils devaient être séparés pour quelque temps » (Nicolas Crapanne, traducteur)
Le carnet n’est connu que de la famille et encore. C’est quasiment un secret ! Cosima, très malade et craignant sa disparition, le remettra à sa fille Eva qui déchirera 14 pages et collera des papiers sur 5 autres pages. Que voulait-elle cacher ?
En 1975 seulement il réapparaît pour être publié en allemand, puis en italien en 1980. C’est seulement en 2023 qu’il est traduit en français. Désormais plus d’élucubrations, plus de spéculations hasardeuses mais un texte de la main de Wagner lui-même, ni revu, ni corrigé par une main autre que celle de l’auteur.
Du vrai, du pur jus wagnérien qui intéresse les chercheurs et les wagnériens passionnés ou les curieux du personnage.
Qu’en dire ? Ce n’est pas toujours intéressant et c’est logique : les trajets de Wagner dans sa journée, bof, bof, mais connaître sa pensée, sa façon de raisonner, ses idées du moment, son évolution, ses goûts, ses projets, ceux réalisés, ceux abandonnés, ceux jamais écrits par manque de temps, ses poèmes, ses essais, tout cela aide à comprendre.
C’est un livre utile aux historiens (désespérés par la censure de sa fille) aux curieux, à tous les amoureux sinon du personnage (souvent un triste sire) du moins pour les mélomanes wagnériens.
L’ouvrage était attendu, il est maintenant disséqué par les Français.
Apporte-t-il du nouveau aux études wagnériennes? Sans doute car il éclaire l’homme avec des éléments qui ne figuraient pas dans sa biographie (écrite par Cosima sous sa dictée).
Une référence.