L'IRIS BLANC
Contribution La Griffe Lorraine
Rubrique BD/Polars
Intérêt général de l’ouvrage ▲△△△△
Facilité de lecture ▲▲▲▲△
Rapport avec le rite △△△△△
Il est difficile d'égaler le travail d'Uderzo et de Goscinny. Quelques-uns s'y sont essayés, avec plus ou moins de succès, sans jamais parvenir à retrouver ce qui faisait l'essence des aventures d'Astérix. On devrait toujours se méfier des livres proposés par palettes entières dans des « librairies » plus soucieuses de chiffre d'affaires que de culture ou de divertissement. Les vraies machines de guerres ne sont pas dans cet album, sauf en ce qui concerne la promotion, les campagnes publicitaires. En surfant sur le génie des disparus, nos auteurs modernes risquent le naufrage de leurs planches tant de vagues que de salut. Si le peuple s'en contente, pourquoi se gêner ?
Le scénario n'est pas palpitant, et l'humour de Goscinny est bien loin. Quelques jeux de mots vaseux et emprunt des moyens ferroviaires actuels, trempés dans la plume gauloise font un flop. La facilité est l'ennemie de l'art. Cédant aux modes actuelles dites de « développement personnel »; notre scénariste plonge dans le gnan-gnan, contaminant tous les acteurs de la BD, à l'exception bien sûr d'Obélix.
Malgré un talent de copiste le dessinateur ne parvient pas à donner la consistance à quelques personnages. Son César en particulier n'a pas le génie caricatural du passé. Il devient quasi inconsistant, en ne suscite pas le brin de sympathie des albums passés. Il n'est plus sympathique, mais décérébré tant le regard de l'impérator est vide. Où est le César d'antan ?
Le voici contraint d'accepter un scénario creux, lui le témoin magnanime des aventures passées. Et le public d'acheter ce sous Astérix, persuadé de renouer avec la saveur pimentée du petit gaulois fûté et des pauvres légionnaires et des sangliers. On ne devrait jamais faire confiance aux publicistes. Voilà, je vous ai prévenu !