L’INCROYABLE HISTOIRE DE LA GÉOGRAPHIE
Contribution La Griffe Lorraine
Rubrique BD/Polars
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲▲
Facilité de lecture ▲▲▲△△
Rapport avec le rite ▲△△△△
Dans cet opus sur la géographie, de la fameuse collection « Les Arènes », l’objectif de transmission est atteint. « L’incroyable histoire de… » est une mine d’accès à de la « vraie » culture, c’est-à-dire à une explication simple et non simpliste de l’histoire d’une discipline, des animaux, du vin, de la littérature, de la bière, de la médecine, etc.
Ici, ma vision de la géographie a été clairement modifiée, ne serait-ce que sur les implications politiques. Le panorama complet de cette science est brossé en 167 pages… Et c’est clairement trop court pour aborder toute la richesse historique. Certes, les auteurs passent en revue tous les grands explorateurs, tous les grands acteurs de la discipline, en citant Ératosthène (« écrire la terre » ± 200 av. J.-C.) considéré comme l’inventeur de la géographie, mais en commençant par la campagne militaire d’Égypte qui fut à la géographie ce que le sel est à la gastronomie, un exhausteur de saveurs, de goûts, un révélateur, en passant par tous les explorateurs, puis les scientifiques, intellectuels, auteur comme Jules Verne, anarchistes comme Élisée Reclus, puis les explorateurs modernes, Monod, Cousteau et les plus récents comme Tesson. L’essentiel se concentre sur l’histoire de la création de la première Société de géographie au monde, en 1821.
Le regret de cette lecture est de ne pas pouvoir retenir les centaines de noms de tous les acteurs de cette histoire « géographique ».
Un mot sur les auteurs formidables de cette bande dessinée : Jean-Robert Pitte, professeur émérite de géographie et président de la société de géographie, Benoît Simmat & Philippe Bercovici : respectivement le scénariste et le dessinateur. Une belle équipe pour une belle réussite.
Cet ouvrage est une réconciliation avec une discipline souvent présentée comme un simple savoir soporifique que l’on exhibe sur des cartes difficiles à replier, mais c’est une véritable connaissance du cosmos qui est en jeu, une vision stratégique, géopolitique, climatique, bref c’est une part de l’avenir du monde qui se décide uniquement par cet art de tracer des frontières… et bien plus !