LE ROYAUME PERDU
Contribution La Griffe Midi-Pyrénées
Rubrique BD/Polars
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲△△△
Facilité de lecture ▲▲▲△△
Rapport avec le rite ▲△△△△
J’avais entendu, d’une bouche que je croyais de confiance, que la série de polars de Giacometti et Ravenne agitant des sujets issus du corpus maçonnique et ayant pour personnage principal le détective Marcas, franc-maçon du GO, étaient si passionnants qu’on ne pouvait dormir sans les avoir achevés...
J’ai donc lu successivement un titre ancien et un récent, Le royaume perdu. La recette parait être la même pour toute la série : une couture à gros points de faits réels voire historiques et de fictions délirantes, plusieurs lieux d’action, mais pas trop, afin que l’auteur n’ait pas à décrire le site de chaque tableau et que le lecteur ne soit jamais perdu, des chapitres très courts pour maintenir un rythme soutenu, et se terminant sur un questionnement pour susciter une tension permanente, enfin d’innombrables notes de bas de page rappelant la référence d’opus antérieurs... tout cela fonctionnant assez bien puisque le succès commercial semble être acquis au duo.
Et c’est là que commence ma stupéfaction ! Pourquoi tant de lecteurs se laissent-ils prendre et comment peuvent-ils supporter sans se plaindre la morne – mais propre – banalité des parties « historiques » et la gaucherie des parties « actuelles » rêvant de la verve d’un Frédéric Dard ?
Il n’y a là presque rien d’inventif ou même d'habile, peu d’idées à creuser, de découverte d’un nouvel angle de réflexion ou de vision, mais une chute sans vraie surprise au bout d’une écriture globalement pauvre, quoiqu’à l’orthographe correcte, et truffée de faiblesses ou de fautes de vocabulaire, de style et de sens. Jugez-en...
Pages 90 « Les têtes d’animaux des dieux se succédaient en gros plans successifs. », 93 « ... son regard scintillait d’une virtuosité intérieure. », 99 « ... un fou venait de prétendre que le Christ avait enfanté. », 110 « ... la plaine fertile de la Bekaa, enserrée par de hautes montagnes de cèdres. », 117 « ... sa tête baignait dans un fiel de sang. »... Il y a des centaines de ces trébuchements... Un dernier pour la route, page 118 « Je ne sais pas, répondit-elle en restant vague. » !
Sans doute, est-il loisible de considérer cette prose comme « passable » pour occuper une journée de vacances sans inspiration, mais vraiment, si vous avez quelque-chose à faire, même peigner la girafe, faites-le. Elle vous en sera reconnaissante. Évitez Le royaume perdu. Vous ne le retrouverez pas.