Sale temps !

Cette semaine La Griffe Lorraine nous renvoie à notre rapport au temps et nous interroge sur notre capacité à nous extraire de l’illusion qu’il engendre.

Le temps, qui nous fait prisonnier du royaume des formes et de ses métamorphoses.

Le temps porteur d’entropie, à moins que ce soit le contraire, implacable compositeur d’une danse macabre qui fait valser les empires et les vanités.

Giono écrivait : « Nous n’avons pas de futur. Pour tout le monde, le futur parfait c’est la mort. Notre seul bien c’est le présent, la minute même, celle qui suit n’est déjà plus à nous. »

Dieu(x) merci, le voyage dans le temps apparent, linéaire et historique, ne nous est pas permis.

Sinon, ne serions-nous pas tentés de faire quelques interventions intéressées sur notre misérable existence, pour s’assurer de quelques petits bonheurs ou pour changer tel ou tel instant fugitif qui a décidé de notre vie ?

Ou, plus désintéressées et pétries de bonnes intentions, pour refaire l’Histoire à notre idée, éliminer quelques tyrans, redresser quelques torts, empêcher quelques catastrophes, prolonger ou protéger quelques belles réussites, comme ce magnifique édifice qu’était l’empire Romain, et s’assurer que l’empire Ottoman ne puisse pas conquérir Vienne en 1683 ni se réincarner au 21ème siècle…

Et générer ainsi de multiples autres réalités, d’autres causalités, d’autres manifestations, d’autres destinées, d’autres tyrans, d’autres catastrophes, d’autres avatars d’une relativité délétère.

Manifestement nos contributeurs nous invitent à nous protéger de ce temps assassin en privilégiant le voyage dans le temps symbolique, le temps sacré, le temps mythique, le temps de l’Art, le temps du Pèlerinage, qui, seuls, touchent à l’Absolu et à l’Universel.

Précédent
Précédent

Oh les beaux jours !

Suivant
Suivant

Pirouette