BIENVENUE EN ÉCONOMIE DE GUERRE

Contribution La Griffe Paris

Rubrique Hors-Normes

Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲▲

Facilité de lecture ▲▲▲△△

Rapport avec le rite △△△△△

L’année 2022 marque une rupture générationnelle d’une ampleur insoupçonnée. Elle met fin à un cycle de trente ans commencés en 1989 avec la chute du mur de Berlin. Deux évènements majeurs sont à l’origine de cette cassure : la guerre menée en Ukraine par la Russie et le XXème congrès du Parti communiste chinois.

En résultent deux mutations profondes : d’une part, l’économie de guerre succède à l’économie de paix ; d’autre part, la Terre se transforme en planète du chaos. La guerre devient hybride, fusionnant business et géopolitique.

Cette Seconde Guerre froide, la Chine s’y prépare depuis plus de dix ans, les Etats-Unis s’y sont adaptés rapidement, l’Europe commence à peine à s’y éveiller.

L’auteur, installé à Hong Kong depuis de nombreuses années combine une vue européenne et une approche asiatique. Ainsi, le premier chapitre, caractérise la guerre en Ukraine de « conflit sino-américaine incompris en Europe », appelé à durer en raison des intérêts peu visibles mais réels de la Chine et des Etats-Unis.

Plus largement, David Baverez insiste sur le triptyque ESG : » Energie, Sécurité, Guerre » avant de conclure l’ouvrage en présentant une nouvelle géo-gouvernance : nouveaux flux financiers, nouvelle géopolitique ; des Etats en économie de guerre et la place de l’Europe.

La mythologie guerrière désormais hybride va se déplacer du monde militaire au champ économique. Tous les principaux fondements des entreprises en seront affectés : politique bilancielle, détermination des prix et gestion des coûts.

Nous allons passer par une douloureuse période de transition entre l’ancien et le nouveau monde qui nous conduira vers une zone de hautes turbulences.

Un « intrus » va s’inviter dans les Comités exécutifs des sociétés multinationales : le Chief geopolitical risk officer. Les premiers dirigeants qui réussiront à fusionner géopolitique et économie dans leurs raisonnements et décisions seront les grands gagnants de l’économie de guerre.

Et David Baverez de conclure « qu’il sera tout aussi dangereux de croire au retour des équilibres du monde d’hier comme à la certitude du déclin dans le monde de demain. Pour entrer dans cette nouvelle ère, rien de mieux que de fuir nos zones de confiance qui ne seront réservés qu’à ceux qui se croient forts ! ».

Un ouvrage « évident » pour qui veut bien ouvrir les yeux avec lucidité, et un travail qui insiste sur les conséquences managériales stratégiques et tactiques.

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