Contribution La Griffe Aquitaine

Rubrique Hors-Normes

Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲△△

Facilité de lecture ▲▲▲▲△

Rapport avec le rite ▲△△△△

Marion, la narratrice, dont le loisir favori est le tricot de « poils de chat », reçoit pour ses 99 ans un cadeau utile, un cornet acoustique, grâce auquel la conversation courante lui devient accessible. Elle perçoit alors que sa famille complote contre elle, particulièrement son arrière-petit-fils Galaad qui veut l’expédier dans une maison de retraite. Son aventure devient alors un étrange parcours initiatique, orchestré par un certain Docteur Gambit, le Maître des lieux. Les locaux reçoivent l’appellation de « Puits de Lumière ».

Elle est alors confrontée à la « recherche de la vérité », plongée dans un monde fantastique, surréaliste à tonalité ésotérique, où les maisons ont forme de chaussure, d’igloos, de gâteaux, où ce docteur, guru tordu s’associe à une abbesse lubrique totalement dévoyée, dont le Graal consiste en « un énorme coffre en bois de santal empli de rahat-loukoum et de précieux flacons de musc » que des archéologues ont ramené de Ninive.
Imaginaire débordant où évoluent divers personnages en proie à des événements fantastiques dans une fantasmagorie échevelée, le texte est souvent humoristique, sans repère ni chapitre, parfois difficile à suivre. On voit cette Alice du troisième âge faire face à diverses leçons initiatiques et injonctions tout aussi farfelues que mystérieuses telles : « on dérobe le Saint Vase qui, tombé en la possession des Frères de la Stérilité gît, vide du très miraculeux pneuma… Malheur aux Enfants de la Terre qui adorent une trinité d’hommes étrangers ayant pénétré l’enceinte d’une forteresse où les Templiers se sont réfugiés depuis la persécution ».

Les protagonistes de cette ritualité détraquée sont alors propulsés dans un récit apocalyptique, un monde finissant sous l’égide d’un embaumeur égyptien, périple qui s’achève sur la résolution d’une énigme mystérieuse. On nage alors en plein délire, confrontant la Terre à un soleil qui tarde à se lever. C’est dans une caverne chaude que l’aventure va se conclure, une sorte d’Enfer, quand une odeur de soufre révèle à la narratrice que sa descente ne fait que la conduire en enfer vers une femme, « qui se tenait devant moi, c’était moi-même ».
Bizarrement, ce texte est truffé de références à connotations maçonniques, où quête de soi  peut être lue au travers d’une société initiatique, oscillant entre traits d’humour et saga mythique, mais parfois hélas longuet et ennuyeux. Trop sérieux s’abstenir…

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