ÉLOGE DES MOCHES
Contribution La Griffe Aquitaine
Rubrique Hors-Normes
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲△
Facilité de lecture ▲▲▲▲▲
Rapport avec le rite ▲△△△△
Que dire sur ce livre étonnant qui en si peu de pages nous narre la vie de onze personnages historiques ou célèbres. Nous passons de la Princesse Palatine pour finir par Klaus Nomi en passant par Jeanne de France, Charles II d’Espagne, Toulouse Lautrec, Danton et les autres…
Tous ces destins ont un point commun la laideur ce qui n’empêche nullement à ceux-ci d’avoir une transcendance ce qui au regard de la postérité tend à gommer cette infirmité dont ils furent dotés.
Beau et dandy Toulouse-Lautrec nous aurait-il laissé sa peinture si expressive, Charles II d’Espagne malgré tous ses défauts physiques dus à l’effrayante consanguinité des Habsbourg d’Espagne aurait-il pu laisser ses possessions intactes, s’il avait été magnifiquement beau et en bonne santé, Jeanne un temps reine de France aurait-elle été capable au crépuscule de sa vie d’être aussi belle intérieurement qu’elle était physiquement vilaine ?
Danton personnage hors norme de la révolution par contre gratifié d’une forte corpulence et d’une solide constitution aurait-il pu devenir l’un des principaux personnages à peu près sympathiques de la Révolution Française s’il avait été un bel Adonis ?
Anne de Clèves quatrième épouse d’Edouard VIII n’était pas une beauté, elle fut cependant reine d’Angleterre certes éphémère mais elle n’en perdit pas la tête et fut même enterrée dans l’Abbaye de Westminster !!
Ce livre est de nature à nous démontrer que l’apparence ne vaut rien et que l’être qui sort de la norme physique puise dans son anormalité toute la force nécessaire pour la vaincre. En outre cela lui permet pour la plupart des exemples donnés par l’auteur de se dépasser et de se maintenir dans l’histoire à l’inverse de ses contemporains mieux doté que lui par la nature.
Ce livre facile à lire nous fait réfléchir au travers de toute cette galerie de portraits sur cette notion de laideur et l’on comprend mieux l’auteur lorsqu’il écrit : « Le vrai et le bien sont peut-être les contraires du faux et du mal ; le beau n’est pas celui du laid. »