LA BATAILLE D’OCCIDENT
Contribution La Griffe Lorraine
Rubrique Hors-Normes
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲△
Facilité de lecture ▲▲▲▲△
Rapport avec le rite ▲▲▲△△
J’avais apprécié le commentaire à propos de « l’ordre du jour », Goncourt d’ailleurs, du même auteur. (Merci la Griffe Lorraine !). Je me suis alors jeté sur « la bataille d’occident » qui est le pendant pour la guerre 14-18 de ce que « l’ordre du jour » est à l’Anschluss.
Ce ne sont pas des livres d’histoire, récits indique d’ailleurs l’auteur, bien qu’exactement documentés. Ce sont des livres de godillots avec la petite pointe qui, dépassant, va bien en dedans.
L’histoire ici, est à l’image du remous en surface de ces gros poissons de rivière, où l’eau n’est pas très claire, de ce voile léger de pourriture sur une grappe en bordure d’une nature morte flamande. Bref … des prémices… des chatouillis, des lignes de breloques tintinnabulantes sur des uniformes portés par des hommes hors sol alors que tant d’autres, instruments de folie des premiers, extraits de leurs vies, pataugeront dans la boue pendant des années.
« C’est une surprise, la guerre, qui se prépare ». Phrase terrible car elle se prépare par tous ; De la petite main innocente, à Billancourt, qui visse les percuteurs d’obus, à Schlieffen, qui ne cessa de reprendre son plan encore des années après que la guerre fut perdue.
Marionnettes marionnettant les pays, piétinant les peuples, ruinant les villes, défonçant les campagnes, comme on sucre son café … encore un morceau ? Avec plaisir… Grands mouvements, grandes batailles et balayages, bustes cambrés et, monocle enlevé, posture à la longue vue.
Un jeu où les vies s’escamotent (quarante inscrits sur le monument de mon petit village vosgien… en quatre ans. Je les ai comptés, comme chaque année à la Toussaint).
Tout devait être réglé en quarante-deux jours, pour qu’ensuite, sans repos, l’occident une fois conquis, les soldats prennent « le train pour l’Est, afin d’aller tout au fond de la terre ferme, écraser les russes ».
Oui, il faut bien aimer la guerre pour bien la pratiquer… comme une danse macabre, déplacement, encerclement, recul et attirance, comme le sport, ravitailler et aller plus loin , plus vite et surtout plus fort…
Ces récits sont à mettre entre toutes les mains et dévoilent, sans rien en dire, que les guerres sont des farces tragiques.
C’est évident ? … pas si sûr.