LES TROIS JOURS DE POMPÉI
Contribution La Griffe Lorraine
Rubrique Hors-Normes
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲△△△
Facilité de lecture ▲▲▲▲▲
Rapport avec le rite ▲▲△△△
Quand l'histoire romaine réelle devient romanesque, il suffit d'évoquer Pompéi. La cité engloutie sous les lapis, les cendres, puis calcinée par une montagne qui jusque-là semblait paisible, la redécouverte, les drames, la catastrophe, tout concourt à en faire un sujet de choix tant pour le cinéma que la littérature. L'auteur nous transforme en romains de bon aloi, nous fait visiter la ville et partager la vie de ses habitants.
Dans ce livre, pas d'extrapolations hasardeuses, pas de sensationnalisme, mais le temps qui s'écoule dans la clepsydre des riches villas de patriciens, et l'engrenage impassible des soubresauts du Vésuve. Une vie quotidienne dans une cité des plus prisées de Rome.
Tout devait y durer plus de mille ans, mais ne demanda que trois jours pour mettre à bas la splendeur. Des simples échoppes où l'on consommait des pains trempés de garum, des olives, des fruits à toute heure, des maisons moins glorieuses disparurent aussi. Nous avons tous ou presque des images de ces « documentaires » plus ou moins racoleurs, où l'on s'attarde sur les corps devenus cendres compactes, la fureur de la terre.
Mais, que serait cette visite sans avoir auparavant, parcouru des rues animées, et entendu la voie forte des politiciens couverte par celles des tanneurs, des prostituées et des esclaves vaquant pour le maître... C'est ce que nous propose Alberto Angela, et il faut bien l'avouer, le livre mérite, comme la ville, le détour. L'auteur achève ses propos par un parcours dans la ville, quatre jours après l'éruption.
C'est un véritable reportage, d'une belle écriture, simple et plaisante, dans ce qui fut un enfer inattendu. Comment ne pas songer à la fragilité de nos œuvres ?