AUTODAFÉS
Contribution La Griffe Lorraine
Rubrique Hors-Normes
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲▲
Facilité de lecture ▲▲▲▲▲
Rapport avec le rite ▲▲△△△
Il y a le Onfray malin, le Onfray érudit, le Onfray bulldozer, le Onfray purement philosophe, et puis il y a le Onfray polémiste.
Autodafés est du registre de la polémique et de la politique. Polémique, car cela concerne principalement les idéologies. Politique, car nous sommes actuellement témoins des désastres absolus de la philosophie, des idéologies et de la politique sournoisement morbide des cinquante dernières années.
Onfray expose l’historique de certains livres et auteurs qui ont été lâchement « lynchés » par les critiques de tous bords uniquement parce que leurs pensées ne correspondaient pas aux idéologies bien pensantes de notre société moribonde.
Le début (et la fin) du livre aborde le problème de plus en plus important de cette fachosphère : gauchisme culturel, LGBTQ+, écolo-marxiste, wokiste… et autres qui détiennent toutes les vérités du monde et qui entendent bien, au nom de « la » liberté, faire taire avec violence et fracas tous ceux qui oseraient penser en marge de leur moule doctrinal.
Onfray énonce et décrit le système médiatique qui correspond exactement au fameux point Godwin d’une discussion, c’est-à-dire que dès qu’il y a désaccord, l’absence d’arguments provoque l’insulte : fasciste.
Cette habitude verbale stalinienne est toujours utilisée par les tenanciers du « savoir ». Les Thénardier de la pensée dominante préfèrent l’erreur de gauche à la vérité de droite, ils oublient Camus : « on ne décide pas de la vérité d’une pensée selon qu’elle est à droite ou à gauche ».
Lorsqu’on dénie le réel, on renie l’histoire… comme l’amicale affection des communistes pour Hitler avant la rupture du pacte germano-soviétique.
Certains brûlent des livres, d’autres s’arrangent pour que la vérité et l’histoire ne puissent pas contredire la légende à l’instar de la papesse Roudinesco et de ses coreligionnaires protégeant l’indéfendable science psychanalytique aux dépens de toute rationalité, ou des défendeurs d’un islam historique qui confondent Arabes et musulmans, histoire et racisme, philosophie et religion …
Les censeurs de tous bords ont toujours la mémoire courte et obstruée. Onfray nous rappelle tout cela avec, comme à son habitude, des approximations historiques, des raccourcis sur la forme. Mais sur le fond, c’est implacable, sauf pour les idéologues binaires qui préféreront toujours l’erreur à la vérité, le fantasme au réel, la lumière obscure à la clarté de l’esprit, l’idée au réel.