LE PROVISOIRE ET … L’ÉTERNEL
Contribution La Griffe Lorraine
Rubrique Hors-Normes
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲△△△
Facilité de lecture ▲▲▲▲△
Rapport avec le rite ▲▲△△△
J’admire habituellement la plume franche et acérée de Jacqueline Kelen, j’aime son obstination à aller au fond des choses quelquefois avec violence, j’adore sa façon d’aborder clairement les grandes notions spirituelles.
Cette femme d’une grande culture fait partie des auteurs qu’un maçon doit connaître, pas pour prendre modèle mais pour s’inspirer de cette capacité à toujours avoir un esprit libre.
Pourtant cet ouvrage est très décevant, je n’y reconnais pas ma Jacqueline car j’ai l’impression que cette succession de pensées n’est qu’un collage de notes, prises au fur et à mesure du temps et que peu de choses sont en cohérence contrairement à ses autres ouvrages.
Son côté un peu réac habituellement percutant, intelligent, n’est ici qu’aigreurs parées de contes, de mythes grecs et de Dieux à toutes les sauces.
La psychologie se fait lacérer comme à son habitude, et ça c’est plutôt plaisant, mais les allusions au mariage pour tous, au don d’organes font apparaître une face sombre chez cette dame qui prône l’amour à chaque phrase.
J’ai la sensation que l’attirance mystique de Madame Kelen se transforme en une aporie, et cela la rend triste, elle déteste ce monde, déteste ce qu’est devenue l’humanité, notre société, la laïcité, … Seules les femmes vierges, sans enfants et qui vivent sans famille sont récupérables, elles auront peut-être le droit d’embarquer sur l’Arche de Jacqueline.
Je pensais feuilleter de l’amour, du spirituel, de la hauteur et il y en a, certes, mais l’aigreur, la négativité et je dirais toute la cohorte des passions tristes s’imposent au texte.
Pour en finir avec ce coup de griffe qui me fait de la peine, il faut absolument lire Jacqueline Kelen, mais pas forcément cet ouvrage.