QUMRÂN, LES RUINES DE LA DISCORDE
Contribution La Griffe Lorraine
Rubrique Hors-Normes
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲△△△
Facilité de lecture ▲▲▲△△
Rapport avec le rite ▲▲△△△
En sous-titre on trouve « complots, hypothèses, invraisemblances au défi de l'archéologie. »
Cette précision fixe d'emblée le cadre dans lequel se situe ce livre : Les revendications religieuses, philosophiques, politiques et historiques que peuvent susciter des fouilles et découvertes archéologiques, dans une terre aussi chargée d'histoire que la Palestine. Simone Paganini n'est pas la première venue en matière d'études bibliques : Elle enseigne à l'Institut d'études bibliques et de théologie historique, et son époux écrivain et journaliste lui a apporté son aide à l'écriture de ce livre.
Confrontés à des découvertes archéologiques, les hommes adoptent, le plus souvent, deux attitudes contradictoires : Soit ils dénient le travail des archéologues, soit ils se l'approprient pour servir leurs conceptions personnelles. Si l'on ajoute ensuite les interprétations de découvertes réelles et indiscutables, on découvre un univers impitoyable où se mêlent des intérêts opposés. C'est ce monde que nous fait visiter l'auteur, en démontant au passage l'hypothèse Essénienne, en s'appuyant sur les seules données fiables : celles de l'archéologie. Elle n'omet pas les aspects légendaires, l'imagination collective, confrontée à la froideur des faits.
Ce livre donne une grande leçon d'humilité, et de relativisme et d'histoire. En s'attaquant aux manipulations, Simone Paganini fait la démonstration d 'une objectivité nécessaire, délivrée de ses « à priori », quitte à se retrouver contrainte d'abandonner elle-même ses illusions.
Traiter d'un sujet aussi sensible que Qumrân n'est pas aisé, et bien évidemment est l’objet de critiques partisanes. En dépassant le cadre ultra-sensible des lieux, elle fait un ouvrage d'une profonde intelligence.