RITUEL DES GRADES ALCHIMIQUES du baron TSCHOUDY
Contribution La Griffe Lorraine
Rubrique Hors-Normes
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲△△△
Facilité de lecture ▲▲△△△
Rapport avec le rite ▲△△△△
Le Baron Tschoudy, était un esprit original, passionné d'alchimie et Franc-maçon.
Il eut l'idée de créer un rite hermétique. Hélas son rituel n'était qu'un manuscrit peu lisible, raturé et d'un style maladroit et confus. De ventes en reventes il finira sous l'édition d'un fac-similé tiré à seulement vingt exemplaires, dont l’un d'eux tombera dans les mains de Jean Solis, éditeur.
Ce préambule est indispensable car Jean Solis avoue qu'il a mis un peu d'ordre dans cet ouvrage, revu certaines phrases, restituant des mots manquants etc.., dont il est in fine dans son état l'auteur véritable. Bref ce n'est pas un rituel alchimique de première main, mais c'est le seul, en l'état actuel, étant à peu près lisible.
Très intéressé par l'alchimie, dont je suis un des historiens, et également Franc-maçon, je me suis dit : « voilà un bouquin pour toi ».
Pas si sûr. Dans ce rituel créé au 18ème siècle, j'ai eu bien du mal à cheminer. Néanmoins, je l'ai lu, essayant de trouver une logique alchimique. A minima une doctrine, même hasardeuse. Non. Il faut se contenter de ce que ce rituel nous offre. La tentative de créer un rite en douze degrés, où tout repose sur des symboles et idées reprises à d'anciens textes, nous laisse penser que Tschoudy voulait son « truc » à lui, dont il aurait été, évidemment le Grand Maître. Une sorte de Cagliostro, mais plus modeste, se contentant de douze grades.
Alors me direz-vous, quel est l'intérêt de ce livre ?
Bien plus qu'on ne peut l'imaginer. La trame maçonnique est celle d'un rite assez courant, et proche du Rite Écossais Ancien et Accepté, imprégné de rites templiers et chevaleresques. Les efforts de Tschoudy pour réunir alchimie et rituel sont pleins de trouvailles, même si elles ne sont pas toujours heureuses.
L'autre intérêt et d'ordre historique car il nous fait plonger dans l'histoire de la Maçonnerie et les conceptions alchimiques spirituelles du 18ème siècle.
Enfin, imaginons que ce rite se soit développé, j'imagine sans peine qu'il en aurait déboussolé quelques-uns.