LE MARTEAU DES SORCIERE
Contribution La Griffe Lorraine
Rubrique Hors-Normes
Recommandation de lecture:▲▲▲
Intérêt général de l’ouvrage:▲▲▲
Facilité de lecture:▲▲▲▲
Rapport avec le rite: ▲▲
Après la bulle papale d'Innocent VIII fulminée en 1484, deux dominicains se pensèrent autorisés, à pourchasser les démons et leurs serviteurs, et publièrent à Strasbourg vers 1486 ce livre qui devint la « bible » des inquisiteurs. Jamais dans l'histoire ne fut écrit un livre aussi stupide, nuisible et totalement délirant. Pas très futés, ils confondirent hérésie et satanisme. Or le pauvre Innocent VIII s'attaquait aux hérésies, œuvres diaboliques, et dès qu'il eut en main ce Malleum Maleficarum, il s'empressa de condamner ce livre. Qu'importe se dirent nos deux dominicains, publions, diffusons, il en restera toujours quelque chose. Et ce livre connut de nombreuses éditions, dont une des plus récentes en 2005...
L'immense intérêt de ce traité, tient à ce que l'invention de l'imprimerie lui autorisa une grande diffusion dans les milieux ecclésiastiques, entre autres, et qu'il lança la mode de la chasse aux sorciers et surtout les sorcières. Reprenant toutes les fariboles d'auteurs anciens, tous les mythes de la démonologie, les sirènes, coquatrix et autres bestioles héritées de l'antiquité, les assemblées sous l'égide du démon etc… en y ajoutant leurs propres fantasmes. La description de la sexualité des sorcières et diablotins leur échauffa la tête, et le bouquin se mua en une sorte d'anthologie pornographique et diabolique. Non content de leur travail, ils y ajoutèrent des concepts ahurissants, toujours utilisés de nos jours dans les milieux freudiens et assimilés, du genre « si vous niez c'est que ce que l'on vous reproche et vrai ». Bref de quoi condamner n'importe qui, surtout les femmes qui sont « par nature » plus faibles que les hommes, moins intelligentes, et soumises à la chair.
Le livre se compose de deux parties. La première traite de la sorcellerie (sabbats et autres fadaises) la seconde traite des moyens à mettre en œuvre pour éradiquer la sorcellerie : enquêtes (une simple rumeur suffit), tortures, procès etc.
Et voilà les religieux bien-pensants, mode d'emploi en main, se livrer à une nouvelle chasse. Un procureur lorrain, Nicolas Rémy, put ainsi aligner un tableau des plus remarquables. A lui tout seul il procéda à près de 2000 exécutions dont les deux tiers de femmes. Trop fort !