Juliette Drouet- Compagne du siècle
Contribution La Griffe Île de France
Rubrique Hors-Normes
Celle qui, durant 50 ans, fut la compagne du célèbre écrivain.
Recommandation de lecture: ▲ ▲ ▲ ▲
Intérêt général de l’ouvrage:▲▲ ▲▲
Facilité de lecture:▲ ▲▲
Rapport avec le rite: ▲▲
Une question se pose d'emblée à nous : avoir de la sympathie pour ce couple étrange que constituèrent Juliette Drouet et Victor Hugo nous expose-t-il à l'opprobre de la morale ? Passons outre en nous référant aux grands classiques de la littérature : par exemple, Corneille et Racine nous demandent si, franchement, la vie mérite d'être vécue sans un brin de passion ! Là, il s'agit de plus qu'un brin, c'est une gerbe : 5O ans d'une véritable vie de couple, cachée et jamais officialisée, mais connue de l'Europe entière ! Bien sûr, à côté de l'idylle incandescente, existe une famille Hugo avec Adèle, l'épouse officielle, les drames qui vont endeuillés la famille : folie et mort des enfants parfois. Ce livre nous interroge aussi sur cette question étrange : « Dans le fond, c'est quoi un grand homme » ? Nous pourrions répondre que, comme Victor Hugo, c'est un homme qui s'engagerait dans la justice sociale, la lutte contre l'esclavage et la peine de mort, l'éducation pour tous et l'émancipation des femmes, quelqu'un mettant son talent au service de la littérature et de la défense des plus démunis de la société. Cela ne suffit pas : Florence Naugrette, nous dit que finalement tout destin exceptionnel requiert un soutien permanent, la foi d'un tiers sans quoi tout pourrait s'effondrer malgré le talent de départ. Juliette Drouet, misérable orpheline à l'âge d'un an et demi, demi mondaine vaguement impliquée dans le théâtre va rencontrer celui à qui elle adressera 22000 lettres et pour qui elle va devenir l'amante, l'âme sœur, la collaboratrice, la copiste, le soutien moral, l'éternel recours dont il ne pourra se passer malgré ses nombreuses infidélités. Elle sera à ses côtés dans tous les combats : contre « Napoléon le Petit » et ses longues années d'exil à Guernesey, son soutien aux Communards et ses engagements parfois aventureux. A la mort d'Adèle, c'est elle qui s'occupera des petits-enfants de l'écrivain. Elle meurt en 1883, deux ans avant un Hugo, brisé, totalement solitaire. Comme à l'école, on pourrait écrire : « Juliette aimait Toto », comme elle l'appelait...