LE GRAND RECIT
Contribution La Griffe Les Savoie
Rubrique Hors-Normes
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L’Histoire a-t-elle un sens ?
Johann CHAPOUTOT, professeur d’histoire contemporaine à la Sorbonne, nous livre à travers son ouvrage une analyse stimulante et didactique des grands récits que nous conte l’humanité.
Ce livre s’adresse autant à ceux férus d’histoire et de philosophie visant à approfondir leur connaissance qu’aux amateurs curieux de ce que les récits racontent de l’Histoire.
L’auteur nous parle de l’homme, de sa nature et de sa finitude, le seul être vivant, dit-il, qui meurt, en ce sens qu’il a conscience de sa propre mort.
Il décrit ce besoin ontologique qu’il a de trouver une justification, des perspectives, une cohérence, de s’expliquer le monde, de se donner un sens, une origine, une direction.
C’est à travers ces grands récits qu’il trouve sa place, ces récits qui s’emparent de l’Histoire, qui se l’approprient, la transforment, la justifient et l’instrumentalisent.
Durant plus de quinze siècles de traditions et de croyances judéo-chrétiennes, la Providence qui donnait accès au salut éternel, a apporté ses réponses et calmé les esprits.
Le scientisme, le darwinisme et surtout les horreurs de la Grande Guerre ont mis un terme brutal à ce que l’on croyait magique et qui enchantait le monde.
Mais face à ce vide au besoin de l’homme de se projeter dans le monde, les grands récits ont créé ce que Raymond Aron, cité par l’auteur, appelait les religions politiques séculaires que sont le fascisme, le nazisme ou le communisme. Chacune offrant des perspectives eschatologiques.
L’auteur nous dévoile comment ces nouvelles croyances ont transformé l’histoire, l’ont reprise à leur compte, ont glorifié le passé pour faire de l’archaïque leur archétype et ainsi se sont légitimées.
Mais après le démantèlement des régimes nazi, et fasciste, la Shoa et la Bombe, que reste-t-il aujourd’hui de ces grands récits ?