HUMAN PSYCHO
Contribution La Griffe Côtes Midi-Pyrénées
Rubrique Hors-Normes
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲△
Facilité de lecture ▲▲▲▲▲
Rapport avec le rite ▲▲△△△
Dans ce troisième opus, Sébastien Bohler s’intéresse à notre cortex orbitofrontal, une zone cérébrale située à la base du front, juste au-dessus des orbites oculaires. C’est un organe vital de sociabilisation : si son fonctionnement est dégradé, il devient extrêmement difficile pour l’individu de réprimer des attitudes impulsives, décalées et même agressives au point de nuire aux autres. Plusieurs études récentes en neurosciences montrent que ce cortex orbitofrontal est constamment défaillant chez les psychopathes, car soit endommagé, soit simplement peu développé. Je vous laisse apprécier certains sujets d’étude bien glaçants à la lecture des premiers chapitres, dignes du Silence des Agneaux.
Quel rapport avec l’humanité et nos enjeux environnementaux ? Face au dérèglement climatique, à la hausse des températures, à la montée montées des eaux, etc., nos efforts individuels semblent ne rien changer. Et si l’humanité en tant que « superorganisme » était psychopathe ? Le quatuor fatal de la psychopathie est là, les traits caractéristiques sont réunis :
Son ego est démesuré au point de se prétendre supérieur à la Nature.
Son pouvoir de manipulation est tel qu’elle s’arroge le droit de l’instrumentaliser et d’en disposer.
Son manque profond d’empathie lui permet de la faire souffrir ou la détruire sans compassion.
Son impulsivité privilégie le profit immédiat au mépris des conséquences sur le futur.
Depuis les origines de la civilisation, l’espèce humaine se place au plus haut sommet du règne vivant. J’avoue que la vision de l’auteur m’a dérangé et questionné. Cette domination de l’homme sur la Nature est présente dans les textes les plus anciens, depuis le livre de la Genèse (« que l’homme domine tout animal qui se meut sur terre ») jusqu’aux philosophes modernes (Descartes : « l’homme est appelé à devenir comme maître et possesseur de la nature »).
En un mot, l’humanité se considère en tous points supérieure à son environnement, jusqu’à en être devenue l’espèce la plus dangereuse de la planète. Tel un psychopathe, son cortex orbitofrontal est défaillant ! Mais alors comment changer nos convictions profondément ancrées ? Par la sacralisation de la Nature, par l’élévation de notre conscience et par plus de motivation pour agir individuellement. Mais certainement aussi par la mise en œuvre d’un « super cortex orbitofrontal » à l’échelle de l’humanité.