Contribution La Griffe Île de France

Rubrique Hors-Normes

Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲△

Facilité de lecture ▲▲▲△△

Rapport avec le rite ▲▲△△△

La culture japonaise nous offre toujours des surprises au coin du bois ! Ainsi, nous pensions connaître le code d'honneur des samouraïs, ces guerriers attachés à un Daimyô, un maître pour lequel ils doivent combattre jusqu'à la mort et éventuellement se la donner, s'ils échouent, par un suicide rituel (le fameux seppuku, le hara-kiri des occidentaux). Ces hommes qui occuperont longtemps le premier rang du système social japonais, commenceront à décliner à partir des transformations économiques du XIXe siècle pour finir dans la légende et l'imaginaire. Selon l'expression d'Heidegger, ils étaient des « êtres pour la mort ».

C'est à partir de l'institution des premiers gouvernements militaires au XIIe siècle que les samouraïs vont élaborer une forme de culture particulière, inspirée du bouddhisme zen et du confucianisme. Au-delà de pratiques de techniques guerrières, ils vont développer la pratique de la poésie, en particulier des poèmes d'adieu à la vie, appelés Jiseiku, littéralement « quitter-ce-monde-poème », des courts textes, rédigés peu avant la mort de leurs auteurs, messages laissés par des hommes qui se savent condamnés par vocation ou qui sentent leur fin proche par mort violente, mais aussi par mort naturelle à la suite de maladies ou à cause de la vieillesse. L'ouvrage fait état de jiseiku qui furent écrits par des samouraïs du XVe et XVIe siècle, durant la longue et violente période des « Royaumes combattants ». Prenons l'exemple de Ôuchi Yoshinaga, qui se suicidera après la mort de son protecteur :

« Je suis comme un invité

Que pourrais-je regretter ?

Le temps est venu où

En dehors de la tempête

Tombent aussi les Fleurs. »

Étranges contrastes que ces poèmes entre violence la plus brutale et pensée profonde où l'on est éduqués depuis toujours à regarder la mort en face. Bertrand Petit, amoureux du Japon depuis l'enfance et Keiko Yokoyama, issue d'une famille de calligraphes de Nagano au Japon nous rendent l'esprit de ces hommes façonnés par une éthique de l'honneur et du devoir. Un petit dernier « pour la route » de Date Masamune :

« Sans nuage

Mon esprit disparaît avant la lune

En éclairant ce monde d'illusion

Puis s'en va »

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