Contribution La Griffe Paris

Rubrique Hors-Normes

Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲▲

Facilité de lecture ▲▲▲▲▲

Rapport avec le rite △△△△△

Un livre dont la construction est originale : une histoire de famille et en même temps une démarche libératrice grâce à l’histoire de personnages de la recherche du temps perdu de Marcel Proust. Il faut dire que Laure Murat a de bonnes raisons : issue des Luynes, vielle famille d’épée d’une part et celle plus récente de la noblesse d’empire des Murat (le père de Murat était aubergiste) d’autre part, elle est entre deux mondes qui se regardent en chien de faïence. 

En effet, elle est la descendante de l’alliance morganatique de l’or 18 carats et du plaqué. Comme Proust a mis en scène des membres de sa famille ou des personnalités de son entourage, elle voit dans les codes rigides surannés de l’aristocratie un vide, voire une vulgarité comme dans la scène du bottillon noir avec Mme de Guermantes. Elle n’a pas compris que la vulgarité, c’est Swann qui annonce à la duchesse de Guermantes sa maladie létale de manière inconvenante. La duchesse dans l’embarras réagit en femme du monde et pas comme le pense la Princesse de manière frivole et vulgaire.

Elle va jusqu’à parler de snobisme aristocratique, formule pour le moins étrange, puisque snob veut dire « sine nobilitate ». C’est un règlement de compte auquel se livre la Princesse avec, en particulier une mère rigide, sans affect, miroir inversé de la mère chérie de Marcel Proust. Évidemment, comme lui, elle a comme on disait au Siècle « le petit défaut », mais son « coming out » à l’américaine qu’elle est devenue est déplacé dans un milieu où on ne parle de pas « de ces choses-là ». Son côté Murat et sa culture « woke » américaine l’amènent à des contre-sens sur l’aristocratie. Là où elle ne voit que des manières figées, elle oublie l’impôt du sang, la bienséance de ne pas évoquer ses malheurs. « Never complain, never explain » Bienséance qui consiste à vivre avec légèreté ou, selon d’Ormesson, « traverser la vie en première classe ».

Par ailleurs, Princesse, était-il indispensable de s’appesantir sur la vie sexuelle de Marcel, sur son onanisme, qui ne pouvait se réaliser que devant une cage de rats que l’on perçait avec des épingles à chapeau.

Enfin Princesse, il me serait agréable que vous cessiez d’utiliser cette ridicule écriture inclusive au demeurant interdite, je vous en serai infiniment reconnaissant.

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