QUI A TUÉ SPINOZA?
Contribution La Griffe Îles-de-France
Rubrique les Incontournables
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲▲
Facilité de lecture ▲▲▲▲△
Rapport avec le rite ▲▲▲△△
Cet exergue de l’évangile de Jean, résume bien la vie écharpée de Spinoza. Aimé, autant que, haï, exécré par toutes les chapelles religieuses de cette Hollande communautariste du 17° siècle et par un herem définitif de sa propre communauté à 23 ans, lui qui n’avait jamais voulu vivre comme Dieu mais connaître la nature de Dieu.
Fils de marranes portugais, Spinoza naït en 1632 à Amsterdam, ville d’une tolérance inédite. Les juifs y vivent si librement qu’Amsterdam est qualifiée de Nouvelle Jérusalem.
Mais comment échapper à cette vindicte quand on assène que Dieu n’est pas une personne, mais que tout est en Dieu, que le hasard n’existe pas, qu’il n’y a ni providence, ni paradis, ni enfer, ni immortalité de l’âme, que les hommes n’ont aucun libre arbitre.
Comment ne pas détester cet homme qui a élaboré une sagesse unique. « La liberté, écrit-il, c’est n’être dépendant de personne » Lui le polisseur inlassable de lentilles optiques, comme il polira inlassablement l’écriture de son œuvre mythique : l’Éthique.
Mais qui oserait le tuer ? Les Parnassim administrateurs de la communauté juive ? Gris Voetius Maître des calvinistes ? Guillaume d’Orange Nassau ? Leibnitz le rejeton de Luther et de Galilée ? Le Collège des cartésiens ? l’Europe entière martelant que Spinoza conduirait la religion à la tombe de l’ordre public européenne ?
Ce livre qui se lie et se délie comme un thriller nous replonge dans cette Hollande foisonnante de la pensée des grands esprits dont Spinoza, Descartes, Leibnitz, mais où les idées proliféraient autant que les complots, chacun à sa façon voulant sauver le monde et l’âme humaine. Spinoza mourut le 21 février 1677. Empoisonnement ou suicide ? on ne saura jamais. Victime quelques années plus tôt d’un coup de couteau, Il accola sur l’éraflure ce mot : caute : méfie-toi.
La philosophie de Spinoza peut être rapprochée de notre philosophie de Francs-maçons spiritualistes qui considérons que ce que les hommes appellent Dieu est en fait la Nature, donc la création tout entière, cela revient à affirmer son existence.
Spinoza qui plaça le désir, ou conatus, au fondement de tout « Chaque chose s'efforce de persévérer dans son être. » écrivait-il.