LE JAPON DU SILENCE ET LA CONTEMPLATION DU CHRIST
Contribution La Griffe Lorraine
Rubrique Méthaphysique
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲△△△
Facilité de lecture ▲▲▲▲△
Rapport avec le rite ▲△△△△
Voici un exemple pour moi de lecture non prévue. En panne de lecture sur mon lieu de vacances, je décide d’acheter ce « bouquin » à vil prix dans un vide grenier, simplement en lisant les quelques lignes de la quatrième de couverture.
Il ne révolutionnera pas ma vie, mais ce récit autobiographique, sous forme de journal de voyage au Japon, d’un prêtre catholique (mariste), connaisseur du yoga et du zen, fut un excellent périple par procuration.
Bernard Rérolle a décidé, et avec grand plaisir de se laisser porter par ce qu’il appelle au choix « le souffle ténu » (ancien Testament) ou la « petite voix » (Dürckheim) présente au « cœur » de chaque être humain.
La distance qui sépare l’Occident de la tradition nippone aurait pu être l’occasion de comparaison négative et de distanciation entre les hommes dans un propos fondamentaliste. Rérolle au contraire, nous propose une vision de rapprochement non pas de la forme mais du fond, non pas sur les dogmes mais sur ce qui rassemble et relie : « la grâce » et le « satori ».
Tout au long du récit de ce prêtre, j’ai eu l’impression de l’accompagner dans ses activités, que ce soit dans le shinkansen, dans la pratique du zen, d’y voir la beauté de certains paysages, de rencontrer des peintres, de faire des séances de calligraphie et de vivre aussi les contretemps déplaisants, indispensables aux grands voyages car ils en sont aussi le « sel ».
Le texte est imprégné de réflexions profondes, simples, accessibles, aucune théologie obscure, et une ouverture intéressante à la réflexion en fin de récit sur la « kénose » et le « vide » oriental.
L’une des notions les plus conséquentes que l’auteur retiendra pour sa propre « amélioration » est l’importance du corps pour la pratique spirituelle.
Le corps a été tellement décrié par la chrétienté que l’on en ressent aussi les stigmates en Maçonnerie, ou pour le moins l’absence de prise en compte du corps dans la pratique.