Contribution La Griffe Midi-Pyrénées

Rubrique Métaphysique

Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲△

Facilité de lecture ▲▲▲▲▲

Rapport avec le rite ▲△△△△

Publié en mars 2021, un an et quelque après le début de la pandémie du SARS-Cov-2, ce livre n’est certainement étranger au cataclysme qui bouleverse nos sociétés, et aux 4 millions et demi de morts déplorés à ce jour dans le monde. On ne peut pas cependant parler d’opportunisme, tant cet ouvrage se fonde sur l’expérience d’une femme rabbin, accompagnatrice des vivants confrontés à la mort. Au fil des rencontres, des histoires de vies et de deuils, l’auteur nous enseigne que « les hommes ne continuent à vivre que si la mort les visite ».

Ainsi nous parle-t-elle de la première conscience de la mort qui saisit un jour l’enfant, écho de l’exil du jardin d’Eden : « en un instant, l’Homme acquiert la connaissance, c’est-à-dire la conscience que la mort viendra un jour ». Alors il se cache... Ou encore de l’enfant qui affronte la mort de son petit frère, et interroge ainsi le rabbin : « J’ai besoin de savoir où il est, parce que je ne sais pas où regarder pour le chercher ». Est-il « sous terre », est-il « au ciel » ? La mort n’a pas de lieu. Le langage est impuissant. La mort sonne la fin de la parole.

Chaque questionnement est éclairé à la lumière des textes, de la Tradition. Mais, bien que rabbin, l’auteur s’exprime pour tous, se définissant comme « rabbin laïc » : « La laïcité dit que l’espace de nos vies n’est jamais saturé de convictions, et garantit toujours une place laissée vide de certitudes. Elle empêche une foi ou une appartenance de saturer tout l’espace. En cela, à sa manière, la laïcité est une transcendance ».

Une grande leçon de cet ouvrage est la mise en question de l’idée de finitude. Non par le fait d’une possible résurrection, mais par le caractère inachevé, inaccompli de toute vie, y compris à l’instant de la mort. Chaque histoire est une « histoire à suivre » : « Après notre mort, il y a […] ce qui ne nous a pas encore été révélé, ce que d’autres en feront, en diront mieux que nous, parce que nous avons été ».

Le lecteur gardera de cet ouvrage un grand souffle de vie, à l’image de l’appel d’Yitzhak Rabin, quelques instants avant son assassinat : « L’heure n’est pas à ressusciter les disparus, mais à réveiller les vivants ».

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LE VEDA