PASCAL ET LA PROPOSITION CHRETIENNE

Contribution La Griffe  Aquitaine

Rubrique Métaphysique

Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲△△

Facilité de lecture ▲▲▲△△

Rapport avec le rite ▲▲△△△

C’est Vladimir Jankélévitch qui « emballe » ainsi, avec son acuité coutumière et son sens de l’ellipse, l’œuvre de Blaise Pascal dans toute la puissance de sa singularité.

Pierre Manent, lui, est ce philosophe exégète de la modernité politique qui a été rattrapé un jour par l’inquiétude radicale – qui est aussi la nôtre - de savoir « où l’humanité de l’homme a bien pu passer » dans notre monde contemporain.

Dans ce livre Pascal et la proposition chrétienne, il nous fait part avec toute sa sincérité intellectuelle, qui est grande, de la façon dont une relecture attentive de Blaise Pascal à l’aune de l’expérience du monde d’aujourd’hui lui a permis d’interroger sa propre foi chrétienne et de fonder à nouveau sa position de philosophe contemporain.

C’est ce travail intime de relecture qu’il nous livre, et qui permet de découvrir, pour tous ceux qui comme moi n’avait qu’un très vague souvenir des Pensées de Pascal, tout ce que cet esprit fort et libre a eu de tranchant et de décisif dans son siècle, en liaison avec le jansénisme et l’Ecole de Port-Royal, en particulier en résistance à l’attitude jésuite.

Il nous fait voir surtout en quoi l’exigence parfois terrible de sa philosophie reste une leçon de vérité pour les esprits faibles que nous somme souvent devenus.

A titre d’exemple, on doit à Pascal la distinction puissante entre les « trois ordres » auxquels les êtres humains doivent rendre leur dû :  à l’ordre de la chair, le respect et l’obéissance que l’on doit aux riches, aux « grands », aux rois, bref à la « force » ; à l’ordre de l’esprit, le respect qu’on doit aux faits établis, l’adhésion qu’on ne peut refuser aux propositions démontrées, aux principes non démontrables mais évidents, bref à la « géométrie » ; à l’ordre de la sagesse ou de la charité, cette soumission et usage de la raison, qui ouvre accès à la proposition chrétienne et à son pouvoir d’éclairement quant à la grandeur et à la misère qui définissent la vie humaine.

On est déstabilisé souvent par l’art du paradoxe qui est celui de Pascal, aux antipodes du bavardage consensuel et de l’opinion vague contemporains, autant qu’aux cercles infernaux des pauvres idéologies en cours.

Un scepticisme vigoureux et salutaire pour aujourd’hui.

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