LE GRAND OISANS SAUVAGE
Contribution La Griffe Lorraine
Rubrique Coups de coeur
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲△
Facilité de lecture ▲▲▲▲△
Rapport avec le rite ▲▲△△△
Que faire quand il neige dans un petit village accroché au bord d'une méchante falaise ? Prendre un livre au hasard, siroter un thé et se laisser guider par le hasard d'un rayon de bois. Et je suis tombé sur un livre épatant écrit par un auteur tout autant passionnant et oublié de nos jours : Samivel.
Samivel est le pseudo d'un auteur qui fut souvent primé pour ses livres sur la nature, les montagnes, l'alpinisme...Aujourd'hui ce livre paru voici près d'un demi-siècle recevrait un prix pour son sens de l'écologie, né d'un amour indéfectible de la nature. Ce gros livre est illustré par de formidables photographies des massifs de l'Oisans, la plupart situé dans les Ecrins. Sommets prestigieux, longtemps invaincus, vallées enchantées comme celle de Névache, montagnes terribles et fascinantes, voilà le cadre, quant au scénario, il s'appuie sur des acteurs des plus humbles, à savoir les hommes et les femmes de ces villages aux rues serrées et miséreuses qui y résidaient autrefois. Les petites bergeries sont maintenant des gites, des résidences secondaires pour amoureux du ski.
Mais que savent-ils de la montagne et de ses gens ? Ces gens de la montagne finirent par ressembler à elle. Visages brûlés par le soleil d'été, faces creusées de rides et de cicatrices pareilles à celles laissées par les torrents et les pierres tranchantes qui tombent des pentes raides, leurs yeux plissés comme ridules d'eau courante. Ils sont devenus montagnes sauvages incarnées. Sauvages à l'image d'un Oisans indomptable mais généreux comme eux, simples et vrais. Parfois des randonneurs parviennent jusqu'à une des dernières bergeries encore habitées par de pauvres gens.
Ces derniers, lorsqu'ils sont descendus dans la vallée disent « ils vivent comme des bêtes » Non, ce sont leurs quelques bêtes qui vivent comme eux, avec eux, partageant la chaleur d'une seule pièce. Une harmonie bien oubliée. Comme quoi les touristes n'ont guère d'empathie. Voilà, entre autres ce que nous raconte ce beau livre.