LA PIE VOLEUSE
Contribution La Griffe Paris
Rubrique Art
Intérêt général de l’ouvrage ▲▲▲▲▲
Facilité de lecture ▲▲▲▲▲
Rapport avec le rite △△△△△
Il était souvent difficile de trouver en dvd des versions de références pour certaines œuvres bien connues des amoureux d’opéra. Les versions proposées étaient soit trop chères, soit quasi introuvables.
Comme tout change, il est agréable de pouvoir désormais se procurer sur le marché quelques opéras dans ces versions légendaires achetées à des prix défiant toute concurrence. Ce qui ne gâche rien ces versions anciennes sont mises en scènes de façon très « classiques ».
Classiques, c’est-à-dire respectueuses du livret, sans coupures ou ajouts intempestifs, exemptes de réécriture des passages, pas d’immixtion d’autres œuvres dans la partition, pas de lavabos et de toilettes sur scène, sans parler des excès de vidéos ...
Bref c’est un vrai plaisir de retrouver un opéra dans son « jus » avec le respect et l’admiration que l’on doit au compositeur.
C’est le cas avec « La Gazza Ladra » enregistrée en 1987, reprise en dvd en 2016 et récemment remise en vente. Bien évidemment, l’enregistrement n’a pas la qualité technique visuelle des Blu-ray actuels mais peu importe.
C’est la version sous référence « Legendary Performances » de l’opéra de Cologne avec Ileana Cotrubas en Ninetta et les célébrités de l’époque, Nucci Condo (Lucia), David Kuebler (Gianneto), Brent Ellis (le père), Alberto Rinaldi (le « méchant »), direction Bruno Bartoletti, Michael Hampe, metteur en scène.
On appréciera non seulement la qualité vocale de Ninetta mais aussi ses qualités de jeu, ce qui ne gâte rien, ainsi que les prestations de ses camarades, même si elles ne sont pas tout à fait du même niveau.
Pas un instant sans que l’action ne soit parfaitement en place, dans un décor sobre et modifié comme il se doit en fonction des différents tableaux de l’œuvre ; les costumes sont adaptés et plutôt charmants. Du travail propre, soigné, sérieux. Un vrai plaisir.
Ecrite par notre Rossini en pleine forme, un an après son Barbier, donc en 1817, l’œuvre est très célèbre pour son ouverture et sa légèreté non exempte de tristesse selon l’évolution du livret. Le méchant est un vrai méchant, les héros tous positifs et le happy end pas si gnan-gnan que ça. Un peu tout de même mais c’est aussi la loi du genre !
On ne s’ennuie pas un seul instant et on redécouvre un Rossini toujours aussi dynamique et bien sympathique. Et tout ça pour 12 euros… la pie ne nous a pas volés !